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LA DORDOGNE LE RETOUR

Les articles parus dans la presse spécialisée en 2001, titraient la disparition des ombres sur la Dordogne, mais cinq ans après je pense qu’ils sont revenus en force; certes tout n’est pas parfait mais les poissons ( truites et ombres) sont revenus grâce à des mesures efficaces.

La Dordogne en dessous de Beaulieu

En dessous le Sablier

A la confluence avec la Maronne

Sur 20 km entre Argentat et Beaulieu, dans le département de la Corrèze, la Dordogne est probablement la rivière qui attirait le plus grand nombre de pêcheurs à la mouche, étrangers au département dans leur immense majorité. La réputation des ombres et des truites avait largement dépassé les limites du Limousin et la rivière, particulièrement en automne, représentait une destination de choix pour la pêche de l’ombre commun; je pense que le niveau de pêche est revenu comme dans les grandes années. C’est vrai que l’attitude des poissons a changé, la prolifération des herbiers a perturbé le comportement des poissons et souvent en période estivale il n’y a aucun gobage même avec des éclosions massives; je pense que le poisson se nourrit exclusivement au fond, c’est pour cela que beaucoup de pêcheurs pêchent en nymphe et prennent du poisson. Par contre, à l’automne ( octobre, novembre ) quand les herbiers ont disparu, et que le niveau est correct, les poissons gobent et la pêche en sèche reprend ses droits. L’automne dernier, fin octobre, je suis tombé sur ces conditions et j’ai retrouvé la rivière comme dans les années 90-95, ces moments bénis des dieux où l’on ne sait quel ombre attaquer tellement il y a de gobages.

La réussite du retour des salmonidés est liée à trois mesures qui me paraissent très efficaces : la première c’est les 2 parcours de grâciation, un à Argentat et un à Baulieu ; à noter que l’on peut pêcher au leurre avec un hameçon simple sans ardillon, ce qui prouve qu’ils n’ont pas été crées par des intégristes de la pêche à la mouche (ce serait dommage de les supprimer comme je l’ai entendu dire). La deuxième mesure c’est les deux réserves, celle de Saulières  et celle de l’aval du pont de Brivezac: elles préservent beaucoup de poissons sur les endroits où la pêche était aléatoire. La troisième mesure est sur les quotas qui ont été baissés à cinq salmonidés dont deux ombres avec une taille de trente centimètres. Quand je pense aux années 85-95 où beaucoup de pêcheurs prenaient et emmenaient dix poissons c’est sûr que les années qui ont suivi ont été mal vécues.

Une belle bordure au dessus du pont de Brivezac

Coup à ombres sur la Dordogne

Les meilleurs secteurs sont assez facilement accessibles puisque la rivière est longée sur tout le parcours par la D12 et la D116. Quelques propriétaires riverains interdisent certains accès mais l’ensemble de la rivière classée dans le domaine public est pêchable, d’une rive comme de l’autre. D’amont en aval les meilleurs coups sont les suivants : l’amont du pont d’Argentat, la rivière large de 40 à 60 mètres présente aux abords de la piscine, une succession de lisses et de courants sur fond sableux avec également quelques rochers et des fosses. La pêche des ombres en bonne densité, et des truites qui  sortent quand le niveau est relativement fort est plus facile depuis la rive droite. L’aval du vieux pont d’Argentat où commence le parcours de grâciation est un excellent secteur pour pêcher l’ombre et la truite en wading ; ce secteur est très bon jusqu’au confluent de la Souvigne qui est la limite aval du parcours de graciation. En allant vers l’aval l’accès du Malpas se fait vers la D12; sur ce secteur la rivière est profonde, les rochers, pratiquement toujours immergés sont glissants. De beaux ombres se tiennent face aux éboulis de la carrière. Pour rejoindre le Chambron, il convient, au carrefour de l’ancien transformateur de tourner vers la rivière qui coule à une centaine de mètres. Deux options au Chambon: pêcher le secteur amont qui présente de beaux lisses ou le secteur aval, très accidenté mais riche en gobages, en descendant vers le confluent de la Maronne. Le pont de Monceau, à l’embouchure de la Maronne, excellent secteur à ombres, présente deux pools restant  pêchables par hautes eaux. Pour accéder aux Raysses, prendre, au pont de Monceau, le chemin longeant la rive gauche et allant vers l’aval. L’accès à la rivière, coulant sur un lit de sable, est délicat car la nature est luxuriante. Des lancers assez longs, entre vingt et vingt- cinq mètres sont nécessaires pour couvrir les meilleurs postes. Au niveau des îles de Saulières, la rivière se sépare en trois bras qui est le début de la première réserve, les deux lisses au-dessus, celui du camping du Solou et de la Plaine à Mouche sont excellents même par niveau assez fort. Pour se rendre au secteur de Vaurs-Rodanges ( fin de la première réserve ) et au fameux plat de Vaurs il convient d’emprunter soit la D12 soit la D116. A noter qu’il est possible de pêcher les bordures de ce secteur même quand les eaux sont assez fortes. Toujours en allant vers l’aval, on trouve les secteurs de Brivezac et du Cheyroux, depuis trois cent mètres en aval du pont de Brivezac jusqu’à la digue ( limite amont de la deuxième réserve ) ; il s’agit là de grand plats, dignes d’intérêt seulement par eaux basses mais difficiles à pêcher étant donné la discrétion des gobages. Les secteurs du Bahut et du moulin Abbadiol  présentent une configuration proche du secteur de la réserve des îles à Saulières; ce sont d’excellents secteurs à ombres. Dans Beaulieu, (deuxième secteur de grâciation), le secteur entre la passerelle et le pont présente de nombreux postes que l’on peut prospecter en l’absence de gobages en pêchant l’eau. L’aval de Beaulieu, moins réputé, reste très poissonneux, avec une bonne densité d’ombres. La rivière s’éloigne de la route, moins accessible, elle est aussi moins fréquentée. Pour accéder au coup de l’aval de Beaulieu, emprunter la route de Liourde, rive droite. C’est tout d’abord le secteur de Mage, superbe plat situé après Estresse, abritant des poissons nombreux mais discrets. A Abtaillac, les poissons moins pêchés sont du même coup moins éduqués. A la hauteur des sablières, certains sujets atteignent des tailles très supérieure à la moyenne. Toujours plus à l’aval, le lisse de Ginest n’est pêchable en wading que sur certaines places, tandis que la pêche du bord est partout possible. Le secteur de Liourde, enfin, présente en plein village, face à l’église, un très bon pool sur lequel truites et ombres sont souvent en activité près de la surface. Il convient toutefois de lancer loin pour les atteindre.

La plaine à mouches

Le retour des pêcheurs

Etant donné la largeur et la puissance de la rivière, il convient d’utiliser une canne plutôt longue ( entre 9 et 11 pieds ) pour pêcher les ombres et les truites en sèche et en noyée avec un numéro de soie de 4-5 cela convient très bien. En matière de diamètre de nylon il faut de garder à l’esprit qu’un fil dont la résistance est inférieure à un kilo résiste rarement aux assauts d’un beau poisson de la Dordogne. Pour la pêche en noyée un dix-huit centième est de rigueur. Cette rivière se pêche très bien en noyée et donne de bons résultats même avec des niveaux assez bas et aussi relativement hauts.

Le débit de la Dordogne sous Argentat est régulé par les services d’EDF au barrage du Sablier; il est possible de connaître les débits via le site Internet mais les valeurs sont en instantané, il n’y a pas de prévision pour l’avenir et c’est bien regrettable. Les impératifs de production d’électricité peu compatibles avec la gestion piscicole font que la Dordogne est rarement pêchable en semaine ( sauf en période estivale). Par la suite, les choses s’améliorent en automne si ce dernier n‘est pas trop pluvieux, la rivière présente, en fin de semaine, des niveaux compatibles avec la pêche à la mouche. Il est préférable de se renseigner sur les niveaux avant d’effectuer le déplacement, car en semaine, les chances de trouver la rivière en ordre sont rares. Les poissons bougent énormément en fonction des niveaux.  Il est regrettable que la pêche de l’ombre ferme si tôt. Dans les années 90, elle fermait au 31 décembre et nous apportait beaucoup de plaisir surtout vers Noël où le besoin d’EDF en électricité est relativement faible, c’est dommage pour notre passion. Mais revoir comme au bon vieux temps autant de gobages courant novembre me rassure sur l’avenir de cette rivière et permet d’entrevoir un futur assez serein.

Un beau poisson de la Dordogne

trois bonnes mouches à ombre

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES :

Situation géographique: Au sud-est du département de la Corrèze: Argentat 25 km au sud de Tulle, Beaulieu à 48 km au sud-est de Brive-la-Gaillarde.
Carte IGN série bleue au 1/25 000e 2235 ouest et 2236 ouest.

Niveau de la Dordogne
 :http://www.dordogne.equipement.gouv.fr/crudor/index.htm

Réglementation :
Truites: du 11 mars au 17 septembre 2006.
Ombres: du 20 mai au 19 novembre 2006.
Taille des poissons: truites 30 cm, ombres 30 cm.
Nombre de captures: 5 salmonidés, pas plus de 2 ombres.

Fédération de pêche de la Corrèze:
33 bis rue de l’Abbé Tournet 19000 Tulle Tél :05 55 26 11 55
Site:
www.peche-correze.com

Détaillant d’articles de pêche:
Mouches Guy Plas Olivier DEZ 37 avenus Henri IV 19400 Argentat  Tél: 05 55 28 37 02
Olivier saura vous conseiller sur les mouches à utiliser.

Café des pêcheurs :
Chez Maryse Tél. : 05 55 28 13 33
Maryse saura vous renseigner sur la hauteur d’eau et si la pêche est bonne.

Parcours de grâciation : se procurer un permis ( gratuit )
Le premier entre le vieux pont d’Argentat et une ligne située à 50 mètres en amont du confluent de la rivière Souvigne.
Le deuxième entre la passerelle des Aubarèdes à l’amont et 50 mètres en amont du pont de la départementale 940, la totalité du canal dit des Gibaries étant incluse dans ce parcours, commune d’Atillac et Beaulieu.

Texte et photos : Jacky Boileau

 

www.jacky-boileau.com

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